DesRivières
Le hameau DesRivières
La petite histoire de DesRivières
Au lendemain de la guerre d’Indépendance (1775-1782) le gouverneur Haldiman refusa d’accorder des terres aux loyalistes. ( Sujets américains restés fidèles à la Couronne britannique après la guerre d’Indépendance américaine.) En 1800, un loyaliste du nom de Hugh Finlay (et ses 39 associés,) reçu de la Couronne britannique, 31000 acres de terre qui représentaient tout le canton de Stanbridge moins la réserve légale pour le soutien du clergé et un lot par sept que la couronne se réservait.
En 1801, Hugh Finlay lourdement endetté, après avoir reçu ses lettres de propriété, vend celles-ci à James McGill, un des plus importants commerçants de fourrures de descendance écossaise, très bien connu à Montréal.
McGill avait épousé le 2 décembre 1776, Marie Charlotte Guillemin, veuve d’un de ses associés dans le commerce de la fourrure autre, Joseph Amable Trottier dit DesRivières,. Cette dame avait deux fils de son premier mariage; François-Amable et François-Hyppolithe.
A la mort de McGill en 1813, le territoire de Stanbridge fut légué à François-Amable DesRivières. En 1830, François-Amable décède et lègue ses biens à ses deux fils François-Guillaume et Henri, qui deviendront les premiers DesRivières à venir s’établir dans le township.
En 1841, sur un terrain près de la rivière aux Brochets, aux confins ouest de leur territoire, ils se construisent une grande maison qu’ils baptisent «Malmaison» à cause de la ressemblance avec la résidence que l’empereur Napoléon avait offert en cadeau de noces à «sa douce» Joséphine. C’est dorénavant sous le nom de Malmaison que la cartographie identifiera cette petite agglomération.
En 1842, sur la rivière qui s’écoule sur leur domaine, ils érigent un barrage, qui crée un réservoir d’eau servant à activer le moulin à scie construit sur la rive ouest et le moulin à farine sur la rive opposée. Un pont sur la rivière devient nécessaire et en 1843 la construction du pont couvert est achevée, ce qui permet aux fermiers de toutes les régions de transporter leurs récoltes au moulin à farine.
Le 22 août 1845, François et Henri avec l’aide des catholiques de la région obtiennent la permission de l’évêque Mgr Bourget, d’ériger canoniquement une paroisse. La même année ils procèdent à la construction de la chapelle de Notre-Dame-des-Anges qui devient une desserte de la paroisse Saint-Georges d’Henryville. C’est l’abbé Leclaire, curé de Henryville qui célébrera les services religieux et qui sera logé au manoir par la famille DesRivières lors de ses passages à
Malmaison et la paroisse NDA ( Notre-Dame-des-Anges)
LES DESRIVIÈRES, MALMAISON ET LA PAROISSE NDA
Les fils DesRivières sont à l’origine du développement du territoire de Stanbridge, hérité de JamesMcGill. Sur la partie ouest de ces terres, ils bâtirent leur Manoir qu’ils nommèrent « Malmaison », et érigèrent un premier moulin à scie. Ils construisirent le premier pont sur la rivière aux Brochets pour que les fermiers de toute la région puissent apporter leurs récoltes à leur moulin à farine mis fonctions en 1843 de l’autre côté de la rivière. La consécration de la chapelle, la construction de la gare et du bureau de poste apporta aussi la prospérité à ce lieu où ils purent mener une vie grandiose.
Lors de la fondation de la paroisse Notre-Dame-des-Anges en 1845, la famille DesRivières avait pris entente avec l’évêché pour administrer la paroisse et héberger le prêtre missionnaire s’attribuant ainsi l’autorité sur la gestion de l’église et de la paroisse. Certaines faveurs furent alors obtenues auprès du prélat du diocèse : dont le droit, aux deux premiers bancs doubles de l’église, le droit d’inhumer dans le caveau de l’église toutes les dépouilles des membres de leur famille et qu’une messe de libérât soit chantée à tous les mois de novembre pour le repos de leurs âmes. Avec la construction de la nouvelle église au village de Saint-Charles et la constitution d’un conseil de fabrique, il était clair que la famille DesRivières craignait de perdre ses droits.
Au décès de Marie Angélique DesRivières, le 5 juillet 1875, la famille qui appréhendait la décision du déménagement, organisa avec les résidents du coin une opposition qui fut tout de même cause perdue.
Ce conflit entre les conservateurs pour garder la chapelle et les novateurs du village de Saint-Charles désirant une nouvelle église, dura plusieurs années et créa beaucoup de mécontentements au sein de la communauté. C’est le curé Balthazar qui, en 1893, mit fin aux troubles engendrés par ce déménagement.
Les novateurs étaient ces paroissiens qui voulaient déménager l’église pour la centraliser et l’amener à Saint-Charles de Stanbridge. Leur leader était le sieur Joseph Couture propriétaire foncier important de l’endroit. Les conservateurs étaient ceux qui voulaient conserver l’église sur le chemin DesRivières près de Malmaison. Ils étaient pour la plupart originaires de la partie ouest de notre municipalité communément appelée le « Macy Ridge ».
Ironiquement, c’est madame DesRivières, (Marie Angélique Hay) qui en 1871, prit officiellement la plupart de ces arrangements alors qu’elle léguait à la corporation épiscopale catholique romaine du diocèse de Saint-Hyacinthe, la chapelle, la sacristie, les remises et hangars, l’orgue, les ornements, les vêtements et les vases sacrés. Le 5 juillet 1875 à son décès, les documents notariés furent enregistrés tenant compte du fait que le prêtre en charge de la paroisse l’abbé Bénoni Joseph Leclaire, résidait au manoir « Malmaison » depuis le début de la fondation de la paroisse.
En 1877, la corporation épiscopale rétrocédait ce legs à la paroisse Notre-Dame-des-Anges et remettait à la Famille DesRivières un montant de $1000$ pour compenser leurs actions passées et pour que la paroisse puisse conserver ses droits de propriété sur le cimetière et le terrain de l'église.
Un décret autorisa la construction de la nouvelle église au village de Saint-Charles.
Le 10 octobre 1886, dans une requête adressée à l’évêque de Saint-Hyacinthe, la famille DesRivières formulait officiellement la demande de faire transporter dans le caveau de la nouvelle église les sépultures de leurs parents-défunts, inhumés dans l’ancienne chapelle de Malmaison. Monseigneur Louis-Z. Moreau accorda cette autorisation après avoir pris connaissance de cette demande.
Les défunts exhumés de l’ancienne chapelle qui reposent dorénavant sous la nef de la nouvelle église sont : Mme Angélique Bouchette, mère de Marie Angélique DesRivières, décédée à 80 ans le 18 mars 1856; Sieur Francis William DesRivières, inhumé le 2 mars 1861; mademoiselle Marie Louise Henriette DesRivières, décédée à 5 mois et inhumée le 10 juillet 1860. Elle était l’enfant de James Frobisher McGill DesRivières; Sieur Henri DesRivières, inhumé le 15 novembre 1865, époux de Marie Angélique Hay. Il avait 60 ans; M. James Frobisher Mc Gill DesRivières (Shérif à Saint-Jean) décédé à l’âge de 38 ans, inhumé le 8 mars 1871 et Dame Marie Angélique Hay DesRivières inhumée le 8 juillet 1875.
Lors du décès en 1893 de François Guillaume (Willy) sa dépouille rejoignit celles des autres défunts de sa famille dans le caveau de la nouvelle église.
Vers 1915, la bâtisse qui servit d’église (chapelle) à Malmaison, pendant plus de trente ans fut démolie, les bancs furent donnés à la paroisse Sainte-Anne de Sabrevois pour meubler leur nouvelle église. Le terrain de l’ancienne chapelle fut alors marqué par une croix, rappelant au passage la première paroisse catholique, établie dans le township de Stanbridge par la famille DesRivières héritière du sieur James McGill.
LES HÉRITIERS:
François Guillaume (Willy) DesRivières fils d’Henri et de Marie Angélique s’unit à Eugénie Taschereau en 1876. Elle était la sœur d’Alexandre Taschereau qui fut premier ministre du Québec de 1920 à 1936. 5 enfants originent de cette union. Willy, handicapé à la suite d’un accident de cheval, négligea tellement son domaine qu’à sa mort en février 1893, sa veuve dut vendre et retourner vivre à Québec auprès de sa famille pour y élever ses 5 enfants. C’est à son gérant John Hanigan, qu’elle céda les 28 acres et les bâtiments qui restaient du domaine.
En 1877, Marie Caroline DesRivières (Caro) épousait le juge Thomas McCord, lors d’une superbe cérémonie dans la petite chapelle de Malmaison. Une enfant (Gertrude) naquit de ce mariage. McCord en était à sa troisième union. Il a eu des enfants de ses précédents mariages.


